Maurice G. Dantec réagit aux émeutes

La  réaction de Maurice G Dantec  sur Radio-Canada.

Voici la retranscription intégrale.

Dutrizac (D): À cause des émeutes dans les banlieues de Paris, le premier ministre Dominique de Villepin a décidé de reporter sa visite prévue hier au Canada. On a avec nous, pour en parler et essayer de comprendre ce qui se passe là-bas, l'auteur Maurice G. Dantec.

Bonjour Maurice, vous êtes un "maudit Français". C'est comme ca qu'il faut vous appeler.

Maurice G. Dantec (MGD): Oui, surtout "maudit", il faut dire ...

D: Vous avez écrit plusieurs romans, j'en ai lu plusieurs là dedans parmi ceux-là et vous y parlez souvent de la banlieue, de la police, des policiers et puis ...

MGD: Oui, je reviens de la banlieue.

D: Je vous ai invité pour essayer de comprendre ce qui se passe en banlieue de Paris. Ca fait sept jours, sept nuits qu'il y a des émeutes, de la violence. Pouvez-vous d'abord m'expliquer comment on en est rendu là ?

MGD: En fait je vais plutôt vous dire comment on en est rendu là de la manière suivante. C'est à dire que : Là ce qui est en train de se passer, c'est un prolégomène à la future guerre civile française

D: Alors parlez-moi français par exemple

MGD: Bah, c'est un prologue à la future guerre civile francaise qui est en gestation depuis des années...

 

D: Guerre civile française ?

MGD: Guerre civile française ! je répète mes mots, c'est à dire que visiblement les forces de l'ordre républicaines sont dépassées par les événements. Le mouvement va évidemment faire tâche d'huile. On commence à tirer sur les policiers à armes réelles, avec des armes de poing. Il faut savoir que dans toutes les banlieues, qu'elles soient parisiennes ou lyonnaises ou marseillaises, des armes de poings, de guerre ! (par exemple des fusils d'assaut AK47 venant d'Albanie ou de Bosnie) sont planquées dans les caves et qu'elles n'attendent que le moment opportun pour sortir. Quel va être ce moment opportun, le moment où l'Etat républicain n'aura plus les moyens d'assurer l'ordre public. À ce moment là, on en est très proche.

À ce moment là, la seule chose positive que ces émeutes ont engendrées, c'est que vous avez évité une visite de Villepin à Montréal. Ça déjà c'est pas mal ! A part ça ...

D: Il faut toujours voir le bon côté des choses !

MGD: Exactement. Ce qui est train de se passer, c'est ce que j'appelle la convergence des catastrophes. D'un côté, comme vous l'avez remarqué, ces deux dernières années le gouvernement français a tout fait pour ne pas intervenir aux côtés des Etats-Unis et de la coalition alliée en Irak. Pourquoi ?

D: Attendez, là vous me parlez d'Irak, et on parle des emeutes ...

MGD: Parce que les Renseignements Généraux qui est, disont, la police politique française, savaient déjà que les banlieues étaient très fortement influencées directement par un certain nombre d'imams qui vantaient le djihad.

D: Ca fait vingt ans que tout ça traîne.

MGD: Ca fait vingt ans mais vous allez voir l'acceleration qu'il y a eu. C'est que, il y a vingt ans, il y avait déjà, des échauffourées comme on dit, entre les forces de l'ordre et les jeunes des cités. C'était des choses régulières. Là ce qui a changé, c'est que les jeunes soi-disant des cités, qui envoient des bombes d'acide sulfurique sur les pompiers, qui tirent à balles réelles sur les policiers, ils le font en criant "Allah - Akbar". Donc la différence qu'il y a entre ce qui se passait il y a quinze ou vingt ans et aujourd'hui, c'est qu'il y a une idéologie d'importation qui est venue se greffer sur des problèmes de délinquance, des problèmes sociaux. Ce qui rend la situation d'autant plus explosive.

D: Allah quoi ?

MGD: Allah Akbar, ça veut dire "Dieu est grand" en arabe. C'est le cri de guerre du Djihad.

D: Ok. Là ça fait sept jours que ça pète dans les banlieues de Paris. Il y a des feux, il y a deux jeunes qui sont morts ...

MGD: Et ça va continuer ... Les deux jeunes ne sont pas morts lors des émeutes. OK ? Les deux jeunes sont deux jeunes qui, on ne sait pourquoi, ont fui, à l'apparition d'une patrouille de police (ils devaient certainement avoir la conscience tranquille) et puis il y a eu un accident : Je ne sais pourquoi ils se sont enfermés dans un transformateur haute tension électrique, ce qui fait qu'ils ont subi quelques "dommages collatéraux" liés à l'électricité ambiante. A partir de ce moment, effectivement, les émeutes ont éclaté. Mais n'importe quel incident aurait provoqué ces émeutes, aujourd'hui, ou au mois de novembre ou au mois de janvier.

D: On a entendu les propos du Ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, qui disait tolérance zéro. Mais ici, pour les gens au Québec, on n'a pas d'image précise de ce que sont les cités.

MGD: Une cité, c'est 3.000 ou 4.000 personnes qui sont entassées dans une ou plusieurs barres de béton…

D: des blocs-appartements

MGD: des blocs-appartements dans des barres de béton qui peuvent faire dix ou quinze étages, qui font 100, 200 ou 300 mètres de long et dans lesquelles vous retrouvez souvent plusieurs milliers d'habitants. Par exemple à La Courneuve, vous avez ce qu'on appelle la "cité des 4.000", parce qu'il y a 4.000 personnes qui vivent là-dedans. Et toute la banlieue parisienne, c'est-à-dire 8 millions de personnes sur 10 millions, vivent dans cet environnement.

D: Donc 8 millions de personnes vivent dans les périphéries, dans les cités ...

MGD: Oui car il y a à peine 2 millions de personnes qui vivent dans Paris intra-muros. Le reste, c'est-à-dire 8 millions de personnes, vivent soit dans des résidences qui ont survécu au milieu de cet urbanisme fou, soit directement dans la violence qui en émerge.

D: Sarkozy parle de "tolérance zéro", mais tolérance zéro à quoi ?

MGD: Tolérance zéro à la violence, tolérance zéro aux viols en série qui, chaque jour, ont lieu dans les cités en question. Quand elles ont été construites dans les années 50, elles été faites pour une population d'ouvriers français, qui était pauvres mais qui avaient peut-être encore une structure psychologique, politique, sociologique et morale qui faisait que ça tenait en place. Malheureusement à partir des années 70-80, tout ça a disparu sous la culture de mort d'un rap raciste anti-français, qui fait l'apologie du viol, de la destruction de l'Occident, de la destruction de la France, qui dit qu'il faut tuer tous les flics, qui dit que les femmes blanches sont des esclaves, etc. etc.

C'est un abîme qui s'est creusé entre la société civile normale et ces gens, ces jeunes « défavorisés » qui vivent dans les banlieues et qui sont en fait devenus des puppets, des marionnettes entre les mains des imams islamistes qui sont implantés dans les banlieues depuis une dizaine d'années.

D: Il y a un clash de cultures, un clash de religions, c'est pour ça que vous annoncez la guerre civile. Vous êtes implanté à Montréal depuis une dizaine d'années : est-ce qu'on peut craindre ce genre d'émeutes ici ?

MGD: Non, vous êtes une société qui n'est pas construite sur les mêmes paradigmes, les mêmes valeurs. L'organisation urbanistique n'est pas non plus la même : autour de Montréal, vous n'avez pas, à 60 kilomètres au nord, à l'est, au sud et à l'est, tout un ensemble de cités, de "projects" comme on dit aux Etats-Unis.

D: Il y a quand même des quartiers ...

MGD: Vous avez certes des quartiers, comme Montréal Nord, dont on parle de temps en temps parce qu'il y a des gangs d'Haïtiens, on est bien d'accord. Mais vous n'avez pas, au milieu, une ville où vit une bourgeoisie ou une classe moyenne à peu près tranquille et, tout autour, un espèce d'immense territoire autonome qui n'appartient plus à la République, qui est définitivement sorti des gonds de la porte de la République. Et ça va aller de mal en pis, c'est évident. Car quand, hier, des policiers en sont à deux doigts de demander l'intervention de l'armée, si ça ne s'appelle pas un prologue à une guerre civile, bon je sais pas, je me mets à faire de la BD demain...

D: Est-ce que vous pensez retourner en France quand vous voyez ça ? Vous avez des enfants ?

MGD: J'ai un enfant, mais qui vit ici. Mais retourner en France maintenant, ça pourrait être intéressant.

D: Maurice, est-ce que vous êtes racistes ?

MGD: Absolument pas. J'ai toujours été anti-racistes, anti-nazis, c'est pour la même raison que je suis opposé aux anarchistes nazillons antisémites qui ont pignon sur rue à Montréal ou ailleurs. Avec eux c'est quand ils veulent.

http://extrait.choiradiox.net/Video/05-11-03-TQS-Dutrizac-Maurice-G-Dantec-Raison-Emeute-Paris.wmv

 


 

Maurice Dantec sur Radio Canada, Tout le monde en parle

Maurice vous êtes d'origine française et vous etes arrivé au Québec en décembre 1998, vous avez adopté la nationalité canadienne, pourquoi vous considérez-vous comme un réfugié ?

MGD: Ah, bonne question, et bien là il faut connaître un peu le passé, le présent et le futur possible de l'Europe. Il faut avoir vu la Yougoslavie de près par exemple. Il faut avoir conscience que la France a raté son destin historique, qui était précisément la construction d'une civilisation en Europe, enfin, j'allais dire, après 14 siècles d'attente, au moins.

Que malheureusement il n'y a eu aucun enseignement tiré de la tragédie constante du XXe siècle, c'est à dire une guerre mondiale qui ne s'est jamais arrêtée, ceux qui parlent d'après-guerre sont des fumistes. La seconde guerre mondiale ne s'est jamais arrêtée, simplement le nazisme a pris d'autres formes, il s'est disséminé dans la société-monde il a créé une technique-monde, il a créé ce que je décris en état terminal, mais on le vit déjà. Par exemple moi je l'ai vécu à l'émission d'Ardisson, l'émission que vous importez.

RC: Vous étiez là il y a quelques semaines et ...

MGD: J'ai vu la méga machine à l'état embryonnaire, j'ai vu la machine du mensonge fabriqué par sampling, j'ai vu, par exemple vous n'avez pas prévu d'invité surprise ce soir ?

RC: Euh non

MGD: OK, bon bein moi mon interlocuteur c'était un invité surprise, je ne l'avais pas sur la liste, j'étais complètement préparé à l'arrivée d'un invité surprise, ça ma fait doucement rigoler, mais simplement je me suis rendu compte qu'on était déjà entré dans ce moment ou le mensonge, la manipulation, l'instrumentalisation de chacun par tous a commencé, et Thierry Ardisson en est, comment dire, une image emblématique.

RC: Vous avez un discours anti islam, et Ardisson a eu l'idée de faire venir sur le plateau un musulman pour vous confronter

MGD: Oui, c'est exact, mais sans prévenir, et ayant un discours préparé d'avance de petit professeur de psychanalyse, qui dit que c'est parce que je ne m'aime pas moi-même que je n'aime pas les autres, alors que ma critique de l'Islam elle est à la fois politique, celle de l'islamisme, ensuite il y a éventuellement une critique théologique de l'Islam, c'est à dire d'où ça vient, pourquoi c'est né, est-ce qu'il n'y a pas des racines d'hérésie chrétiennes, moi je les ai détectées je ne suis pas le seul.

Si on est pour un discours inter-religieux, honnête, cartes sur tables, il faut les mettre les cartes sur la table ... Alors il faut dire aux musulmans, je ne suis pas d'accord, et je ne suis pas d'accord pour telle et telle raison, non seulement pour les raisons post-modernes j'allais dire : le problème du voile ou le problème de la Charia telle qu'il a failli se poser en Ontario, mais peut-être aussi à la base, cela ne veut pas dire que je pense que toutes les personnes de confession musulmanes doivent être mise devant une fosse commune et abattues à la mitrailleuse comme l'a fait le communiste Milosevic ...

RC: Je vous cite : Face aux dictatures des pays arabes, j'ai aujourd'hui la même position qu'à l'âge de 15 ans : il faut leur casser la figure, les foutre dehors, et éventuellement placer des régimes qui soient à notre botte, trouvez-vous que cela va mieux en Irak depuis que Georges Bush vous ait écouté ?

MGD: Oui, je pense que ca va mieux. Je pense que ça va mieux que sous Saddam Hussein. Je pense que ca va mieux qu'à l'époque où les chiites se faisaient décimer par centaines de milliers, ou les kurdes se faisaient gazer, ou les sunites ne valaient guère mieux, ou les chrétiens non plus. Au bout d'un moment, je ne dit pas que l'ordre est revenu, mais à un moment donné, il vaut mieux le chaos que - excusez-moi - la glaciation totale du totalitarisme.

RC: Oui, mais en méme temps, les irakiens qui sont les principaux concernés ne sont pas forcément d'accord avec vous ...

MGD: Ils ont quand même élu un président, ils ont quand même eu des élections ils ont pu passer à l'action comme en Afghanistan. En Afghanistan, c'était barré d'office par les talibans ! Vous préférez des régimes où l'on abbat des femmes à coup de Kalashnikov d'une balle dans la tête parce qu'on a vu son petit doigt dépasser ?

RC: Non, mais est-ce que c'est la mission des américains de s'imposer comme des vengeurs ?

MGD: Mais qui d'autres, déjà ce ne sont pas des vengeurs. Ils s'en sont pris quand même un petit peu le 11 septembre 2001, il ne faut pas oublier qu'il y a eu 3000 morts, ça s'appelle un crime de guerre, selon moi.

RC: Ca s'appelle un crime de guerre, mais les américains en ont commis aussi ...

MGD: A ça je ne le nie pas, mais en attendant là il y a eu crime de guerre contre la nation américaine, et je pense que c'était un crime de guerre contre l'occident tout entier.

C'est pas pour rien si les américains ... Ils sont l'empire parce qu'ils ont les moyens de l'appliquer. Ca a toujours été ça la politique, il faut relire Machiavel, voire même Karl Marx à la limite.

*RC: Mais en même temps si on relit Machiavel, on pourrait dire que les américains ont utilisé les évènement du 11 septembre pour non pas chercher un saoudien, rentrer en Afghanistan, rentrer en Irak,

MGD: Quand même Al Quaïda avait des liens relativement établis avec le régime afghans, et probablement avec certains services du régime de Saddam Hussein. Je veux dire, que le fait que Saddam Hussein ait replacé des versets du Coran sur son drapeau soi-disant Laïc à partir de l'an 2000, il y avait tout un tas de signes qui indiquaient qu'il y avait des basculements géopolitiques qui étaient en cours... Des fois il vaut mieux prévenir que guérir.

RC: Donc vous êtes pour la guerre, vous vous considérez comme un guerrier chrétien soniste

MGD: Non je ne suis pas pour la guerre : la guerre a commencé ! Donc si vous voulez ou on se tiens en dehors du théatre des opérations, ou on décide d'en faire partie. Alors moi j'ai rien contre les gens qui décident de se retirer, mais qu'ils ne viennent pas nous donner des leçons.

RC: Je vous cite : "La guerre est simplement la manière qu'ont les hommes de régler les conflits, c'est à la fois le problème et la solution." Vous ne pensez pas qu'il y a une autre solution ?

MGD: qu'est ce qu'il y avait comme autre alternative à l'époque d'Adolf Hitler ? Réfléchissons.

??: Mon dieu, mais avez vous du fun parfois ?

MGD: Ouais, mais bon,

??: Vous faites ...

MGD: Mais moi je ne suis pas politicien, je suis romancier ...

??: Romancier noir !

MGD: Je pense que la pente savonneuse est amorcée.

RC: Ce qu'Adolf Hitler voulait faire c'était envahir les autres pays. Ce que disent les intégristes musulmans, Jihadiste, c'est retirez-vous de nos terres.

MGD: Non, non, ils veulent ... Il y a 2 mondes dans l'Islam jihadiste: Il y a le "Dar ar islam" et le "Dar ar arb". Le premier c'est le monde de l'Islam, le second c'est le monde de la guerre. Donc il n'y a pas 36 ... Il y a un manichéisme onthologique dans l'Islam et en particulier dans l'Islam jihadiste, qui dit que il y a soit l'Islam soit les terres à pacifier et les terres à pacifier se pacifient par le sabre. Et c'est comme ça depuis l'an 600, l'an 1 de l'Egire, malheureusement, c'est comme ça.

RC: Donc finalement c'est comme une guerre de religion.

MGD: Oui, je pense qu'il y a une guerre de religion qui est en cours, maintenant il faut savoir effectivement de quelle côté sont nos valeurs.

RC: A la réaction à la position pacifiste du Québec, vous avez dit, je vous cite : "Je ne suis pas venu au Canada français en pensant rencontrer un peuple aussi castré, Je croyais qu'il y avait des gens qui étaient fiers d'ête occidentaux."

MGD: J'ai mal vécu, si vous voulez je vais vous donner des exemples. J'ai mal vécu le fait que au lendemain du 11 Septembre on fasse manifester ma fille avec des drapeaux blancs. Attendez, le drapeau blanc c'est le drapeau de la rédition, c'est pas le drapeau de la paix, je l'ai vu aussi à la télé ...

RC: On a quand même le droit de décider ...

MGD: Si vous voulez moi je suis venu en amérique comme un réfugié qui viendrait de Pologne, ok ? Moi j'ai quitté la France alors que je considérait qu'elle allait basculer d'un jour à l'autre dans l'un ou l'autre des totalitarismes qu'on a vu à l'oeuvre en Europe, et qu'on verra à l'oeuvre en Europe. Alors je suis désolé, j'arrive en Amérique du Nord, je pense rencontrer un peuple qui quoi qu'il ait sa spécificité française que je défends par ailleurs, se sente nord-américain. Or, bizarrement, dans les médias, dans l'élite intellectuelle il était clair qu'il fallait être contre Bush, Bush était un con et c'était Kerry qui allait gagner. Pas de bol, 54% des américains on dit non et on réélit Bush.

RC: Oui mais nous ne sommes pas des américains.

MGD: Ca aussi c'est un truc qui est bizarre au Québec, car bizarrement ..

??: Mais enfin être nord-américain ca ne veut pas dire approuver Bush ?

MGD: Mais vous êtes des nord-américains, moi je suis venu ici parce que vous êtes en Amérique du Nord ! Sinon je serais resté, je ne sais pas, je serais allé dans un paradis fiscal en Irlande ...

RC: Mais est-ce que l'on a le droit d'avoir des points en commun avec les 48% d'américains qui n'ont pas votés pour Georges Bush ?

MGD: Oui, mais c'est bizarre que 95% de la population des élites québécoises ait eu cette position anti-Bush, alors que précisément c'était bizarre, aux Etats-Unis ça discutait beaucoup plus ! En France il n'y avait absolument pas de débat : Bush était un crétin et Kerry allait gagner... ah ! ah ! ah ! Excusez-moi !

RC: Oui mais les américains ont été attaqués, nous on n'a pas été attaqués !

MGD: Ah bon ? Vous n'avez aucune solidarité avec les Etats-Unis ? C'est donc : c'est comme si les français n'avaient aucune solidarité avec l'Angleterre, avec l'Espagne ou avec l'Allemagne ! Super !

RC: Mais moi quand j'écoute Thierry Ardisson, je sais qu'il n'y a aucune solidarité avec les Québécois !

MGD: Ah, ça on est bien d'accord, mais c'est bien pour ça que moi j'ai franchit l'Atlantique : Je laisse la vieille Europe à ses fantômes. Et j'ai pas envie de les retrouver ici. Je vais surement choquer plein de jeunes etc. mais je me sens plus canadien français que québécois. Ca ne veut pas dire que je renie l'identité québécoise, mais je pense qu'il y a peut-être quelque chose de plus intéressant à travailler. Je croirais bien un Canada qui sache promouvoir une vraie culture franco-britannique

RC: Pourquoi ?

MGD: Pourquoi ? et bien précisément parce que c'est ce que l'Europe a raté !

??: C'est parce que vous détestez la France.

MGD: Non, justement pas, si je suis parti de France c'est parce que je ne la détestais pas, c'est parce que je ne pouvais plus supporter ... C'est comme voir quelqu'un que vous aimez se transformer en ... je ne sais pas moi ...

Mais il faut qu'on sorte là aussi du manichéisme : ce n'est pas parce qu'on est de droite qu'on est un faschiste, et qu'on est un raciste, il faut arrêter les conneries là quand même ...

Excusez-moi... De la même manière que quand on est de gauche on est pas obligatoirement un bolchévique enragé qui veut l'installation de goulags. Alors si on veut effectivement qu'il y ait un dialogue qui reprenne y compris dans le pays du Québec, il faut arrêter de nous fustiger ...


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