JO 2012 : Une fête ratée

Une fois de plus la crédulité de nos journalistes n’est plus à démontrer. Crédulité ou soumission ? Eux qui avaient annoncé la victoire probable de la candidature de Paris pour les jeux olympiques de 2012 ont dû revoir leur copie : ils avaient oublié que Londres avaient autant d’atouts sinon plus. Cette unanimité des médias que je ne cesse de dénoncer ne choque presque plus personne.

« De même, lors des élections présidentielles américaines de novembre 2004, les médias français avaient pris position en faveur de John Kerry et prédisaient sa victoire. Ainsi, le jour même des élections, alors que les médias américains annonçaient déjà la large avance dont disposait George W. Bush, les radios et les télévisions françaises continuaient encore à proclamer, contre toute logique, la victoire de John Kerry, et ce jusque tard dans la nuit. On observe donc une tendance des médias français à s’auto intoxiquer par des anticipations qu’ils souhaitent voir se réaliser. De plus, rappelons que l’objectif des médias d’information devrait être de retranscrire la réalité et non de prévoir le futur ou de chercher à l’influencer. » Media-Ratings

La France avait fait de ces jeux un projet politique, un projet qui redonnerait le moral aux français. Seul un projet festif peut mobiliser tous les français, peut susciter une « union sacrée ». Même les syndicats suivaient ce projet. Dans le mauvais film de présentation de la candidature de Paris réalisé par Besson , on y voyait Bernard Thibaud de la CGT affirmer qu’il n’y aurait pas de grève. Même si tout est politique cela était de trop pour les membres du CIO stupéfait de voir que la politique est bien trop omniprésente en France. L’Angleterre y a vu plutôt la fête du sport. Hélas cette fête a été gachée par ces attentats meurtriers ; ce qui a ravit Les grandes gueules sur RMC « Il aurait fallu faire cela deux jours plus tôt » mais aussi Le Parisien, avec sa version nationale Aujourd’hui en France, qui ont titré en première page ce vendredi 8 juillet 2005, au lendemain des attentats à Londres : « Al-Qaïda punit Londres » mais ceci est une autre histoire.

Fabrice Trochet le 8 juillet 2005