Le premier pouvoir : Inventaire après liquidation, Elisabeth Lévy

Pendant deux ans Elisabeth Lévy sur France Culture a animé " Le Premier Pouvoir ", une émission hebdomadaire critique sur " la société des médias " dont elle était aussi la productrice.David Kessler, directeur de France Culture, ancien conseiller de Lionel Jospin a supprimé cette émission pourtant une des plus écoutées avec celle d’Alain Finkielkraut d’ailleurs confirmé par un sondage détaillé commandé à Médiamétrie par France-Culture. Manque de chance pour la direction de France-Culture, les raisons de cette évicton ne peuvent être le manque d’audience. Comme je le soulignais dans un commentaire suite à un précédent article concernant cette éviction, ces sujets étaient trop sensibles car elle dénonçait la nouvelle censure, l'inculpation du passé, le climat de délation, la hantise de la vigilance, le manichéisme accusateur, la diabolisation des dissidences, la propagande-spectacle et comme le regretté Muray ,dont on lui avait " interdit d’évoquer sa mémoire à l’antenne ",la festivité permanente , toutes ces valeurs défendus par la gauche bien-pensante qui domine cette chaîne. " L’ordre subversif y règne "

On peut critiquer les médias si on dénonce la dépendance économique mais comme Elisabeth Lévy le précise : cette dépendance " s’est révélée moins pesante que la tutelle idéologique exercée par des pouvoirs avertis du fait que le pluralisme était leur pire ennemi. " C’est d’ailleurs sur les radios publiques que les informations sont les moins objectives. Seul Du grain à moudre sur France Culture dont je fais souvent la publicité sur ce blog résiste à cette pensée unique en proposant des débats avec des personnes venant d’horizons très divers. C’est souvent ce manque de pluralisme qui me détourne des médias publics.

Soit rebelle et tais-toi – ainsi est gouvernée France Culture. "

" Personne ne se serait ofusqué qu’un journaliste se fût indigné auprès de Martine Aubry parce que,selon lui, les socialistes avaient été trop timides en matière de régularisations. On imagine le tollé déclenché par l’imprudent qui lui eût adressé le reproche inverse. "
" On attends des journalistes qu’ils confirment l’analyse énoncée a priori (…)Un journaliste à qui il est demandé d’enquêter sur les électeurs du Front national écartera spontanément ceux qui n’entrent pas dans le cadre défini. " Les jounalistes n’ont même pas remarqué qu’ils sont ainsi contre-productifs.
Les faux rebelles y sont aussi attaqués. Karl Zéro ne " cachait pas avoir (provisoirement) sauvé sa tête grâce à l’appui conjugé de Laurent Fabius et de Nicolas sarkozy – hommage du vice politique à la vertu médiatique qui témoignait sans doute de l’impertinence de l’animateur"
Certains chroniqueurs potentiels figurent sur une liste noire comme Philippe Lançon, Henri Maler, l’un des animateurs d’Acrimed, site dédié à " la critique radicale " des médias. J’ai à plusieurs reprises contacté ce site, notamment Henri Maler et je peux assurer qu’il n’est pas très ouvert, qu’il est contre le pluralisme sauf si cela va dans son sens.

Maintenant l’activité médiatique est orienté sur l’émotion. Le spectacle offert par les Don Quichotte et les sans-abri du Canal Saint Martin en est un exemple.

Suit un florilège de " conducteurs " (documents préparatoires définissant les principaux axes de la discussion) écrits avant chacunes de ces émissions et je crois qu’ils étaient disponibles sur le site de FC.

Elisabeth Lévy a insisté sur le fait que la presse française est dénigré, on ne la croit plus. C’est pour cela , entre autres autres que le Traité constitutionnel européen a été rejetée. C’est aussi pour cela que le vote FN ne peut que prendre de l’ampleur. La Presse Française ferait bien mieux de se remettre en question et écrire pour ses lecteurs. Elle ose demander une aide financière de l’Etat alors qu’elle bénéficie déjà des subventions de l'Etat La presse à conquis sa liberté en devenant indépendante vis à vis des pouvoirs en place.L' indépendance passe d'abord par un financement privé, principalement par ses lecteurs.

Elisabeth Lévy comme nombre de journalistes est très critique vis à vis des gratuits mais en parcourant ceux-ci notamment 20 Minutes je trouve des infos que l’on ne lit pas ailleurs.

Par contre Elisabeth Lévy met bien en évidence les liens du capital avec l’Humanité " puisque Lagardère et Bouygues sont, au nom du pluralisme, entrés dans le tour de table du quotidien. "

C’est un petit livre assez personnel puisqu’elle relate son expérience sur France Culture qui ne fait que confirmer tout ce que j’ai constaté et relaté sur ce site et aussi dans mon blog.

Fabrice Trochet le 8 avril

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