Persécutions Antichrétiennes

Mi-avril, à Alexandrie, les Coptes ont été, une fois de plus, l’objet de violentes agressions qui se sont transformées en affrontements avec les musulmans.

Cela survenait comme pour illustrer un livre, « Persécutions antichrétiennes dans le monde, rapport 2005 » qui venait de paraître sous l’égide de « L’Aide à l’Église en Détresse » (AED, 29 rue du Louvre, 78 750 Mareil-Marly), association destinée à aider les chrétiens persécutés de par le monde.

Peu après, notre président a fait une visite au dirigeant égyptien Moubarak, assez hypocrite défenseur verbal des droits de l’Homme, qui ne les respecte guère quand il s’agit des chrétiens. Chirac a plaidé auprès de lui la cause des Palestiniens, mais on ne nous a pas dit qu’il se soit le moins du monde préoccupé des Coptes. Pourtant, contrairement à la Constitution, il est impossible en Égypte de construire une église. En octobre dernier, sept églises ont même été saccagées. De nombreux cas de rapts et de viols de jeunes filles chrétiennes sont signalés, ainsi que des mariages forcés avec des islamistes. Le 21 septembre, trois étudiantes chrétiennes ont été poignardées dans la cour d’une faculté de médecine, parce qu’elles n’étaient pas voilées…
Les mauvais traitements sont moins étonnants de la part de l’Arabie saoudite. Il n’y a aucune église dans ce pays, l’Arabie tout entière étant considérée comme une vaste mosquée. Les arrestations de chrétiens sont continuelles, assorties de racisme, car elles visent surtout les ouvriers et les domestiques philippins ou pakistanais. Détenir une Bible ou porter une croix, même modeste, est un délit.

Heureusement les petits États pétroliers voisins, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman…, montrent une tolérance certaine à l’égard des chrétiens qui, là aussi, sont tous des étrangers.
Le cas de la Turquie nous intéresse particulièrement, en raison de sa candidature à l’Union européenne. Or, à l’inverse de l’opinion courante, il ne s’agit pas d’un État laïc. Les Imams, qui ont fait leurs études aux frais de l’État, sont, une fois en fonction, payés par celui-ci. L’islam sunnite est donc pratiquement la religion officielle.

La Turquie

Il ne reste plus que 100 000 chrétiens aujourd’hui, dont 15 000 catholiques. Tout est fait pour que leur nombre diminue. Le séminaire des Grecs orthodoxes est fermé depuis 1970 et celui des Arméniens apostoliques depuis 1971. La formation de prêtres est donc impossible, alors même qu’il est très difficile de faire venir des prêtres étrangers. Comme dans d’autres pays musulmans, la construction d’une église est impossible. Quant à l’actuel Premier ministre, il a dévoilé ses batteries en déclarant : « Si vous (États européens) êtes vraiment persuadés que l’Union européenne n’est pas un club chrétien, alors vous devez faire en sorte que la Turquie vous rejoigne. »

Les persécutions antichrétiennes ne sont pas le fait des seuls islamistes. Les communistes résiduels n’y ont pas renoncé. L’exemple le plus colossal se trouve évidemment en Chine, où l’on compte dix à quinze millions de catholiques, dont un tiers rattachés à l’Église officielle, dite patriotique. L’usage de la Bible est autorisé à condition qu’elle ait été imprimée en Chine. Les célébrations religieuses sont l’objet d’incessantes tracasseries, tandis que des évêques et des prêtres sont arrêtés et incarcérés et que certains disparaissent purement et simplement. La raison en est souvent le refus de se rallier à l’Église « patriotique ». Pour ce refus, Mgr Jia Zhi Guo, évêque de Zhengding, a déjà passé vingt ans en prison.

La diplomatie vaticane s’efforce d’améliorer la situation, mais elle se heurte à un obstacle politique : l’idée fixe de Pékin de faire renoncer l’Église catholique à toute relation avec Taïwan. Faut-il abandonner certaines brebis pour en protéger d’autres ? En novembre dernier, huit prêtres ont été arrêtés et frappés, seize religieuses frappées également…

On ne saurait terminer sans une allusion à la France, où se multiplient les saccages d’églises et les profanations de tombes chrétiennes, de tendance sataniste. Il est vrai que l’hostilité vient de haut : la simulation d’un mariage homosexuel à Notre-Dame de Paris et l’agression du recteur se sont terminées par un non-lieu ; le CSA a montré sa mauvaise volonté envers la télévision catholique ; et Chirac a été l’un des principaux inspirateurs du refus de reconnaître les racines chrétiennes de l’Europe.

Pierre Lassieur

Article paru dans le N°544 des 4 vérités Hebdo