Fascistes antifascistes : alliance contre-nature ?
Plus que jamais, nous vivons une époque de confusion. La gauche se rapproche de la droite et vice-versa. Les "verts" ont approuvé une guerre anti-écologique en Yougoslavie. Lors de la catastophe de l'Erika, la chef de file des "verts " a donné l'impression de minimiser la situation, laissant à des personnes "civiles" ou religieuse le soin de dénoncer le fléau et de demander des sanctions. La tournure des évènements a contraint D. Voynet à se démentir. Après avoir estimé que la catastrophe écologique n'était pas certaine, elle a dû se raviser devant le spectacle affligeant des oiseaux mazoutés. Ensuite la tempête et les inondations sont venus nous avertir de l'urgence d'une véritable politique environnementale. Les "verts" auraient pû saisir l'occasion de le rappeler. Mais comme le présisait Combat Nature de novembre 1999" Noël Mamère évoquait trois objectifs à la suite des élections européennes : la réduction du temps de travail, les sans-papiers, le rééquilibrage des pouvoirs entre le P.S et les verts. Jean-Luc Benhamias, secrétaire des verts était encore plus clair : il réclamait de nouveaux postes d'élus. Où est l'écologie là-dedans ? "
Mais le revirement le plus étonnant provient des antifascistes et plus particulièrement de Cambadélis fondateur du manifeste contre le Front national en 1993.
L'ancien dirigeant
socialiste, âgé de 48 ans, poursuivi pour "recel d'abus de biens
sociaux" parce que son emploi de "chargé de mission" qu'il a occupé
dans une société gérant des foyers d'immigrés de
1993 à 1995 rémunérée 14.000 francs nets par mois
aurait été de pure complaisance.
"Je donnais à Yves Laisné des conseils d'image pour qu'il se défende
sur un certain nombre de sujets. Il fallait qu'il modifie ses angles de vision,
ses tics de langage qui venaient de sa propre histoire", a-t-il dit.
Yves Laisné, 49 ans, son ancien employeur, a été cadre
du Front national dans les années 1970. "Jean-Christophe Cambadélis
était ma contrepartie culturelle en négatif, c'était utile
pour moi", a-t-il dit au tribunal.
Il a assuré que Jean-Christophe Cambadélis, ancien militant trotskyste,
avait bien effectué un travail pour lui, tout en reconnnaissant qu'il
n'avait pas de bureau et que ses conseils n'avaient jamais donné lieu
à des documents écrits.
"Une famille à nourrir"
"Mon environnement
culturel de base était de droite. Mes collaborateurs auraient été
déroutés de travailler avec un homme de gauche, c'est pourquoi
il n'avait pas de bureau et que les rencontres de travail étaient informelles
et discrètes", a expliqué Yves Laisné.
En effet, les deux hommes ont expliqué que les "conseils" étaient
donnés par Jean-Christophe Cambadélis lors de "déjeuners
ou de dîners", à raison "d'une à quatre fois par mois".
Les sujets abordés pouvaient aller de "l'aide à la gestion" à
l'analyse des tracts diffusés par certaines organisations dans les foyers
en passant par la question des subventions publiques, ont-ils expliqué.
Les deux hommes se seraient rencontrés à une "cérémonie
de voeux". Jean-Christophe Cambadélis aurait proposé ses services
en 1993 quand il venait de perdre son siège de député.
Il était à la recherche d'un emploi parce qu'il avait "une famille
à nourrir", a-t-il expliqué. Il a touché d'AGOS 442.000
francs et travaillait en parallèle pour une société de
communication proche de la Mnef, Policité.
Yves Laisné, ancien président de l'Agence des foyers et résidences
hôtelières privées (AFRP), est jugé pour "abus de
confiance, abus de biens sociaux et présentation de bilans inexacts".
Il aurait acculé l'organisme, subventionné par le Fonds d'action
sociale, à la liquidation judiciaire en 1996 en détournant de
l'argent pour son propre compte en salaires et en frais et en alimentant ses
propres sociétés. Pendant ce temps, les foyers auraient été
laissés à l'abandon.
Trois comités d'anciens résidents de ces foyers se sont constitués
parties civiles à l'audience ainsi que le Fond d'action sociale.
Selon l'agence
Reuters daté du 28 janvier 2000,l'ancien numéro deux
du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, est condamné
à Paris à cinq mois de prison avec sursis et 100.000 francs d'amende
pour "recel d'abus de biens sociaux". Le député du XIXe arrondissement
de Paris a été reconnu coupable d'avoir occupé un emploi
fictif entre mars 1993 et septembre 1995 dans une société gérant
des foyers pour immigrés. Il avait touché 442.000 francs.
Son ancien employeur, Yves Laisné, qui fut un moment membre du Front
national, a été condamné à 15 mois de prison avec
sursis et 500.000 francs d'amende pour des malversations financières
dans les foyers. "
La question que l'hebdo Marianne s'est posé et que j'ai moi aussi demandé au Manifeste : Comment un leader socialiste, qui s'était fait une spécialité dans la lutte anti-fasciste a-t-il pu s'acoquiner avec ce Yves Laisné, ex-dirigeant du FN? Aucune réponse ne m'est parvenue.