Meurtre de François Santoni : et un de plus !
Une
fois de plus l'île de beauté fait face à une série d'attentats et d'assassinats
dont le plus symbolique est celui de François Santoni, l'une des figures les
plus importantes du nationalisme corse. Il était l'auteur avec son ancien ami
Jean-Michel Rossi d'un livre qui dérange "pour solde de tout compte " où ils
y dénonçaient les dérives du milieu nationaliste. " Si une autonomie est octroyée
demain, la Corse tombera aux mains des mafias " Ils révélaient les complaisances
de l'Etat. Bref, Santoni et Rossi devaient être éliminés. Le milieu nationaliste
ne leur a jamais pardonné ce brûlot d'accusations. Et comme à ce jour, aucun
meurtre ayant frappé un nationaliste n'a jamais été élucidé par les autorités
de l'Etat... Mais ont-ils fait l'objet d'une enquête !
Sur Europe N°1 le 25 novembre 1999 lorsque Guillaume Durand demande à des représentants
de l'Etat français pourquoi Yvan Colonna n'est pas arrêté alors qu'il se trouve
aux alentours de Cargèse. Aucun intervenant présent à cette émission n'a osé
lui répondre.
Les continentaux sagement assis devant leur télévision ou allongés sur la plage reprochent aux corses de ne pas dénoncer les meurtriers, mais ce sont les mêmes qui détournent le regard lorsque des mômes violent une jeune femme dans un train. Si la France n'est pas capable d'assurer l'ordre républicain dans les banlieues où quelques gamins font régner la terreur, ce n'est pas en Corse qu'elle le rétablira. La majorité des corses déplorent ces assassinats, mais l'état en négociant avec les nationalistes légitime leurs actions. François Santoni affirmait que les tueurs de Jean-Michel Rossi n'étaient pas poursuivis parce qu'ils étaient proches des nationalistes qui négocient avec Lionel Jospin.
Les discours des hommes politiques ne font rien pour apaiser le problème corse. Hier Raymond Barre, aujourd'hui Alain Lipietz dont sa récente déclaration parue dans Le Parisien du 8 août 2001 me paraît très insouciante. "La douleur de la famille du préfet Erignac, je la comprends très bien. Celle des autres victimes du processus corse est tout aussi grande. Cela ne doit pas être une question sentimentale. A partir du moment où l'Etat décide de rétablir la paix en Corse, il est bien évident que l'amnistie doit porter également sur ceux qui ont tué un de ses représentants. "
Depuis quelques années, on ne cesse de dénoncer le fascisme rampant (Loft Story, Amélie Poulain, etc.). Mais lorsqu'il est devant nos yeux on feint de l'ignorer. Assassiner les gens qui ne pensent pas comme vous est un moyen bien commode pour s'en débarrasser. Les exécutions tiennent lieu de justice. N'est-ce pas de la dictature ?
Voilà maintenant qu'une frange de la population française en profite pour demander l'indépendance de la Corse au travers des média, ce qui fait justement le jeu des nationalistes. Les Corses sont d'ailleurs loin d'adhérer aux idées et surtout aux méthodes nationalistes. D'ailleurs à chaque élection, les nationalistes sont minoritaires.
Si la culture et la langue corse doivent être défendues dans un monde uniformisé et une France très jacobine ce n'est pas par la violence qu'on y parviendra. Dans le malheur qui frappe la communauté corse, il devient de plus en plus urgent d'être solidaire avec celle-ci et non de vouloir éjecter les corses de la communauté nationale. Le peuple corse aime son île. Il a raison ; c'est l'une des plus belles terres que je connaisse !
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