« Martyr imaginaire » de Guy Dardel

Dans le milieu des années 90 Didier Daeninckx soupçonnent certains antifascistes - d’avoir été révisionnistes. Gilles Perrault sera sur cette liste ; une violente polémique éclatera entre ces deux protagonistes. En 2001, Guy Dardel, écrivain et directeur de la radio associative Fréquence Paris Plurielle sera lui aussi victime de calomnies et de rumeurs, ce qui le déterminera après de nombreuses péripéties à écrire un livre afin de contrer le dispositif mis en place par le romancier d’Aubervilliers. Ce livre se veut être un essai qui tente d’expliquer le cheminement de cette dénonciation plutôt qu’a polémiquer.

L’auteur revient sur la campagne « rouge-bruns » autour de l’Idiot International qu’il qualifie de torchon et son directeur Jean-Edern Hallier de clown médiatique. Dardel écrit un essai mais par ces mots il attaque un journal qui fut un espace de liberté dont on ne trouve plus d’équivalent aujourd’hui ; d’ailleurs plus les années passent, plus les journaux sont lisses et propres. Il suffit de lire les journaux du début du 20° siècle pour voir cette évolution.
Daeninckx serait obnubilé par le passé car selon cet inquisiteur nous sommes responsables, outre de notre propre passé mais aussi de celui de nos amis et de nos parents ; ce qui permet de disqualifier nombre de personnes ; c’est d’ailleurs une des critiques que l’on peut faire à la gauche et surtout à l’extrême gauche : regarder le passé et non l’avenir. Bien sûr en se penchant un peu plus sur le cas Daeninckx, on ne peut être que troublé par le côté parano de ce type.


Guy Dardel étudie aussi le site de cet écrivain : amnistia.net qui présente nombre de fausses informations mais cela ne l’aide pas en dénonçant la participation de Daeninkx à un jury du Prix du polar européen crée par Le point considéré par Dardel comme « le plus réactionnaire des grands magazines hebdomadaires ». Réactionnaire : un qualificatif donné sans justification que Bernard Henry Lévy chroniqueur dans ce magazine emploie aussi pour désigner ses adversaires. C’est assez étonnant de la part de l’auteur de ce livre car il fait une critique de l’utilisation de la calomnie et la création d’un bouc émissaire qui ont de profondes racines dans la société française.

Le martyr imaginaire de Guy Dardel. Edition No Pasaran. Distribution Co-Errances.

Fabrice Trochet le 27 juillet 2005