Didier Daeninckx ( assos Reflex), dans son dernier ouvrage  Le gout de la vérité, réponse à Gilles Perrault démontre que Gilles Perrault(assos Ras l'front) est un fasciste cammouflé qui déjà en cullotes courtes avait de mauvaises fréquentations, Dissensus s'est donc permis d'analyser son cas.


Gaz à tous les étages

La Publication par les éditions Reflex de textes réunis sous le titre "Libertaires et « ultra-gauche» contre le négationnisme "apporte d’intéressantes précisions sur l’évolution du négationnisme, la maladresse de certains, soupçonnés d’ avoir été négationnistes et surtout, sur la triste dérive de quelques autres, issus de l’ ultra-gauche.

En revanche, le cas du Grand inquisiteur Didier Daeninckx n’est pratiquement pas abordé, qui nous semble pourtant assez trouble. D’autant que sa politique de dénonciation alimente généreusement la polémique sur les négationnistes, qui en sont forcément les premiers bénéficiaires. On comprend mal que cet individu qui admet ne connaître l’ ultra-gauche que depuis peu se laisse aller à donner des leçons de morale et de rectitude politique, dans la mesure où lui-même, relève du plus plat stalinisme. Cette engeance, qui ne craint aucun ridicule, s’ active à restaurer partout les pratiques policières dont elle était le défenseur zélé en des temps plus cléments (pour elle-même). Ces stals se refont même une virginité en hurlant plus fort que quiconque contre le stalinisme " historique" et se trouvent souvent les premiers à accéder aux archives soviétiques si longtemps interdites. Vitupérant le négationnisme, Daeninckx pourrait s’ employer à nous éclairer sur son propre compte, puisqu’il semble toujours prêt à braquer ses projecteurs sur les origines des uns et des autres. Le politically correct version Daeninckx ressemble aux théories esthétiques d’un Jadonov.

On a tout intérêt à traiter comme il le convient les Daeninckx oeil-d’après-Moscou et on est en droit de s’interroger sur la mollesse d’une certaine ultra-gauche qui n’a pas su dire qu’il s’agissait tout bêtement d’une de ces opérations de déstabilisaion dont les stals sont coutumiers et dont l’ efficacité est avérée (pensons à la guerre d’Espagne, exemple des plus connus). Un Guillaume leur permet d’ accréditer leur opération de délation: les salopes contribuant au fond au même résultat, le dernier nommé ayant, non sons habileté, joué un rôle assez semblable, mais avec d’autres moyens,par rapport à l’ ultra-gauche. Foutant le merdier cherchant à mouiller tout le monde.

Répondre à la confusion habilement entretenue par les Daeninckx et les Guillaume, n’implique pas la création de fronts anti-fascistes » et autres couillonnades dont les stals ont le brevet !

On nous reprocheara sûrement de pratiquer l’ amalgame entre stals et nazis, laissons à d’autres le détail et l’établissement d’une ligne de démarcation. S’il est malsain de plaisanter comme je le fais sur un sujet aussi sérieux que le négationnisme, il n’ est pas moins douteux d’ en exagérer les ramifications jusqu’à le considérer comme un surgeon naturel et plein d’avenir de l’ultra-gauche,en utilisant la méthode paranoïaque d’assimilation : les amis de tes amis sont tes amis. Autrement dit, puisqu’ une minorité ou sein de ultra-gauche développa des thèses révisionniste et négationnistes, toute l’ ultra-gauche est susceptible de contracter le virus, si ce n’est déjà fait. NuI doute, oeil Daeninckx que tes éditeurs apprécieront à sa juste valeur ton art des relations publiques, tant qu’il se trouvera des organes tels que Le Monde pour te servir complaisamment de chambre d’ écho. Le jour où les indics voleront, tu seras chef d’ escadrille.

En dehors de ton propre cas, relativement banal et fort trivial, plus sérieuse que l’ étalage de potins aurait été 1’étude de ce qui a amené une fraction de l’ultra-gauche, aussi minime soit-elle, à pousser aussi loin le bouchon. Elle aurait permis de ramener au grand jour quelques phénomènes peu analysés, propres à la situation des intellectuels Et dont George Orwell eut La ferme intuition.

Dons la perspective de l’ extrémisme c’est assurément le sentiment d’impuissance qui crée le renégat et c’est dans les époques de reflux de la révolution - en Allemagne a la montée du nazisme ou en Italie à celle du fascisme, par exemple - que s’opèrent des conversions des plus spectaculaires , ou nom d’une autre révolution (souvent de signe inverse); d’ autant que le passage dans le camp opposé n’implique pas forcément l’abandon du camp prolétarien !

Pour choisir un terrain historique moins tragique, la fin des années 70 signifia pour l’ ultra-gauche, en France au moins, l’entrée dons l’indifférence, l’ébullition provoquée par Mai 68 était retombée,ce qui se traduisit symboliquement par l’avènenent du socialisme, la caricature la plus aboutie de l’idée de gauche.

Faute de pouvoir développer de manière plus extrême sa théorie en relation avec une pratique - plus ou moins de bâtir une théorie du reflux utilisable -; l’ultra-gauche dut céder le pas à une méta-critique (dont Baudrillard est l’exemple le plus significatif, critique grimpant sur ses propres épaules et qui n’en finit plus de décrire le (son) vide absolu : cet au-delà du Tout, du spectacle, de l’ économie, du politique, de la modernité, de tout ce qu’on veut. N’ayant plus affaire qu’à elle- même, elle se meut en un ciel critique en comparaison duquel le post-hégélianisme décrit par Marx , dans « La Sainte Famille » ressemble à un terrain vague. Cette critique -là appartient à l’université et n’ en sortira jamais, l’ ironie c’ est qui elle puisse être considéré comme le nec plus ultra de la théorie révolutionnaire.

On conçoit que 1’ultra-gauche traditionnelle , éprouvât un vif agacement, ses idées ne suscitant plus grand engouement. (« les thèses de l’ultra-gauche sur le capitalisme, la démocratie, le communisme et la Gemeinsweisen, rappela avec humour François-Georges Lovoquerie, rencontraient peu d’échos »), certains estimant que la place de l’IS. restait à prendre, bien que tous se défendirent de le dire et parfois même de le penser!

Las de parler dans le vide et de ne plus intéresser qu’ eux-mêmes, certains forcèrent le jeu du dévoilement jusqu’à se convaincre de découvrir que le mensonge le plus abouti du capital était le «mensonge juif», visant à justifier le triomphe définitif du capitalisme après la seconde guerre mondiale, les vainqueurs étant donc l’ Amérique et la puissance de « l’argent juif ».

Derrière ce gratte-ciel théorique. on aperçoit le vieil et sinistre édifice de l’antisémitisme de toujours, dont David Bosc nous rappelait tout récemment l’existence, parlant de « l’antisémitisme anarchiste, peu militant mais fortement rivé, dès ses origines. « Depuis Proudhon jusqu’aux théoriciens anarchistes qui « prirent appui sur l’assimilation de « juif » à «grand Capital » (...) On parlait ainsi du « mouvement socialiste judaïsant » pour désigner les adeptes de Marx et da Lossalle. » (Georges Darien ). Bosc rappelle en outre « a quel point furent proches les socialistes-antisémites, rangés derrière Drumont,. et les libertaires - dont certains, comme Malato et Zévaco. rêvaient d’une coalition.»

Aujourd’hui, le vieil antisémitisme se trouve doté d’une nouvelle théorie, flambante, bien que moins neuve qu’il n’y paraît, assimilant pourtant certains aspects de la modernité. A force de rechercher le scandale d’ une subversion pour eux introuvable, l’ ultra-gauche version Pierre Guillaume, accoucha d’un vrai scandale, celui , qui rendait innacceptable l’ultra-gauche : le négationnisme fut son épate-bourgeois. Chez Pierre Guillaume et quelques ex-ultra-gauchistes le processus est logique : tant que l’on parle d’ eux, on concourt a perpétuer une politique du scandale où ils ont toujours plus à gagner qu’à perdre. Leur extrémisme enfin connu leur semblera toujours préférable à leur obscur passé.

Découvrant un complot juif à la racine de tous nos maux et surtout du mensonge global de l’après- guerre, ils atteignirent à l’insupportable et telle était leur version de la dialectique qu’ils touchaient là, et enfin, à la vérité absolue puisque radicalement inacceptable et donc totalement tue. Les chambres a gaz n’avaient jamais existé, l’intoxicateur était le juif pardon le sionisme. A force d’ effets de manche et de publicité bien comprise, le clan Guillaume se retrouva sur le terrain solide, connu, de l’antisémitisme international, institutionnel et populaire, qui pouvait fort bien s’accommoder de tels enragés et même y trouver quelque profit, tant ils mettaient d’ acharnement à multiplier les écrits.

La poignée de révisionnistes issue de l’ ultra-gauche trouva à ses côtes le petit peuple de la droite extrémiste, pas si petit d’ailleurs quand on considère son implantation populaire, et pour des gens qui avaient généralement perdu tout contact avec qui que ce soit (en dehors de leur secte) ce devait être là un sentiment bien nouveau et très revigorant. Enfin, la critique déchaînait les passions et trouvait même un ennemi déclaré. La publicité faite à Faurisson et le déchaînement d’une gauche bien pensante réclamant censure et sanctions transforma des délires peu consistants en vérités extrêmes.

Plutôt que de se pâmer devant un tel déploiement d’idées choc et d’ engager le combat sur le terrain à jamais miné des médias, il aurait mieux valu considérer de près ta mutation qui s’ était opérée au sein de nos sociétés. voir comment toute une partie de la clientèle de la gauche avait pu passer dans le camp opposé - non que cette gauche fût en quoi que ce soit révolutionnaire, s’il est utile de le préciser -, comprendre aussi que la diabolisation du fascisme était une réponse grossière et même une erreur.

L’ultra-gauche ne sut pas toujours appréhender le « mouvement prolétarien » c ‘ est-à-dire aussi le mouvement interne au prolétariat, non celui qui l’ entraînait mécaniquement vers une issue révolutionnaire. Le temps n’ est plus et n’ est jamais aux coquetteries de fonctions : libertaires et ultra-gauchistes ont accompli tant bien que mal, leur tour de XXe siècle, Ils sauront se fondre dans le mouvement général afin de devenir eux-mêmes ou disparaître.  François B

Texte extrait du N°6 de  dissensus

Le grain de sable