INTERNET : UN NOUVEL ESPACE DE LIBERTE?

Internet : un nouvel espace de liberté? Je demande à voir. D’ailleurs, le compte à rebours a commencé. Internet dans sa démesure mondiale vit ses dernières heures. Les gouvernements de tous les pays se sentent de plus en plus mal à l’aise devant cette prolifération incontrôlée et « anarchique » des sources d'information.

Mais, justement Internet a été conçu pour échapper à tout contrôle. C’est cette liberté et cette vitalité qui permet de tout trouver sur Internet et donc tout son contraire. Le meilleur et le pire...Je suis persuadé que le pire n’est qu’un prétexte pour légitimer la censure. C’est ce qui est regrettable, dés qu’on ouvre un nouvel espace de liberté, il faut que des juristes interviennent ; et surtout les juristes les plus répressifs.

Il y a déjà des pressions considérables pour réglementer l’internet. A première vue, imposer une réglementation sur le réseau semble raisonnable. Mais il ne faut surtout pas confondre entre interdit et censure! Un interdit est un acte qui fonde une société (humaine dans notre cas), il est physique et moral. On ne peut nuire un être humain physiquement ou moralement. Je pense que c'est très sain dans le cas de la pédophilie ou le meurtre etc. Par contre, la censure (qui est civile) veut cacher une vérité qu'il est bon que les gens apprennent!
D’ailleurs diriger un pays est souvent synonyme de contrôle de l’information...On pourrait remarquer que tout prise de pouvoir, putsch, coup d’état vise d’abord les moyens de communication (Roumanie par exemple)
L’internet est déjà sous tutelle politique dans certains pays islamiques et la Chine.
 

Le débat a aussi commencé aux Etats-Unis entre réglementeurs d'Internet sous couvert de protection des enfants, et avocats de la liberté d'expression.
Bien sur ce débat a déjà commencé parmi les responsables français, jamais en retard d'une tentative réglementaire...
D’ailleurs la police de la pensée s'en préoccupe déjà.
Le 5 mars 1996, L’UEJF assignait en référé neuf des plus grandes entreprises fournisseurs d’accès Internet en France. Cette association a voulu aussi interdire le site de Costes et intimider d’autres sites par l’envoi d’e-mail.
Le 18 décembre 1998, la police de Rennes effectuait une descente extrêmement musclée dans les locaux du Village, fautif d'avoir hébergé un site consacré aux films d'horreur et présentant des images de nature à choquer la sensibilité des mineurs ; la descente se concluait par la garde à vue et la mise en examen du responsable du serveur.
Le 10 février 1999 altern.org à été condamné par la cour d'appel de paris à payer 405000ff de provision et dommages pour avoir hébergé un site web qui diffusait une dizaine de photographies strictement privées, représentant dénudée,Mine Estelle LEFF-BURE épouse HALLYDAY .(http://altern.org/bureau/)

"Ces démonstrations de force et d'incompétence, en rendant les services d'hébergement responsables des contenus, menacent directement la survie des sites indépendants francophones, qui ne trouveront plus d'espaces d'hébergement libres et gratuits, et condamnent la richesse de l'expression sur l'Internet.
Ces événements mettent, de fait, tous les hébergeurs en position de censeurs. Puisqu'ils sont déclarés responsables des contenus, ils doivent maintenant vérifier l'intégralité des sites hébergés. Non seulement cette tâche est titanesque, surtout elle condamne directement la liberté d'expression, en confiant à des techniciens le soin de décider de ce qui est légal et de ce qui ne l'est pas."
Jean-Pierre Cloutier

En France , on fait tout pour éloigner le public de l’internet. Le prix des communications est élevé (il vient d'augmenter de nouveau pour les tarifs de nuits). Les médias français (plus particulièrement France-soir) discréditent l'internet en nous le présentant comme un repère de pédophiles et de nazis (on a même réussi à trouver un pédophile nazi mais hélas pas sur l’internet). Dans le genre désinformation et manipulation, les médias sont allés très loin. Mais un réseau marginal, c’est plus facile à contrôler!

Même Bernard Pivot dans le spécial Internet de Bouillon de culture avait réussi à dégoutter les téléspectateurs de l’internet. Ce fut un débat lamentable! Ils avaient tous peur ! Mais de quoi? Ce mot « trop » revenait sans cesse. Trop de liberté, trop d’informations, trop... Lorsque Pivot s’est mis à expliquer le danger de cette liberté de dire n’importe quoi, il m’a fait sursauter. Je lui rappellerai que c’est au nom de la liberté d’expression, qu'il accueillit Salman Rushdie.
Question sexe, cela fait des années que l’on en voit sur le Minitel. Là, le gouvernement ne trouve rien à redire.

Or malgré toutes ses limites, on peut dire qu’ Internet est aujourd'hui un espace global de liberté. Mais laisser aux politiques ou à un organisme « indépendant »(de qui?, de quoi?) la possibilité de décider si une information est « indécente » ou pas revient à détruire cet espace.
Si l’internaute ne veut pas de sexe, il peut installer des logiciels de filtrage. Ce filtrage se fait déjà en donnant le numéro de sa carte de crédit, sinon c’est plutôt soft.

Un autre problème aussi important surgira sur le web ; c’est l’envahissement de la publicité. Des publicitaires s’y préparent déjà ; ainsi selon les Chroniques de Cyberie du 3 octobre 1997 « certains publicitaires veulent rémunérer les diffuseurs de contenus sur le Web proportionnellement au ratio de consultation (click-throughs) généré par un bandeau (par opposition au simple nombre de fois que le bandeau est vu sur une page, c'est-à-dire l'impression, (...)De plus, en raison de la nature interactive du médium, une publicité sur le Web est plus susceptible d'être remarquée qu'un message publicitaire à la télévision. »
Souvenez-vous de la libéralisation des ondes en 1981 en France. Cela n’a guère duré longtemps. Cette liberté s’est terminée lorsque la publicité a été autorisée. Des fréquences ont été rachetées par des réseaux. Ces radios « libres » devenus « privés » sont devenus aussi insipides que les radios commerciales.

On fait tout pour mettre un frein au développement de l'Internet. En tout cas, quoi qu’il arrive de plus en plus de personnes s'y connecteront. Que des petits sites rivalisent avec les plus gros est déjà une victoire en soi!