DE LA MERDE EX CATHEDRA
On
peut leur accorder la liberté intellectuelle, puisqu'ils n'ont plus d'intellect.
Georges
Orwell," 1984".
Depuis longtemps, comme tout le monde le sait, c'est la police qui enseigne les sciences du contrôle social, dites "sciences sociales" dans les universités. Depuis quelque temps, une nouveauté est apparue sur le marché la médiologie. Créée spécialement par Régis Debray pour banaliser la critique de l'aliénation et sa religion, le spectaculaire. (Comme par hasard, le premier numéro de la revue "Les Cahiers de médiologie"Janvier 1996, est entièrement consacré à encenser la séparation grégaire. Les numéros suivants ne font que psalmodier le credo à travers des thèmes alibi).
Ce
"docteur en tout" ramène sa science pour tenter de faire croire que la
critique de Guy Debord (" La société du spectacle" et "Commentaires
sur la société du spectacle", les deux édités par
Gallimard/Folio) ne serait qu'" un pastiche de potache", une critique excessive
du théâtre, du cinéma, et autres misérables divertissements.
Pour cela, il fait semblant de défendre la culture convenable contre
les excès subjectifs, par trop révolutionnaires, pour dissimuler
sa vocation de larbin étatique chargé de pérenniser les
illusions positivistes. Il appelle à sauver le théâtre alors
que le monde brûle.
Cette médiocre ta-ga-da-tactique cache mal le ressentiment de marchand
de nouveautés contre ceux qui ne participent pas à l'horreur productiviste
et refusent l'inquisition du spectaculaire.
"Feu
! Feu sur tout ce qui bouge. Et donc feu sur les idées. Rien ne bouge
autant que les idées", éructa la boutique en massacrant les
insurgés de 1871.
"Les hommes de Kronstadt ne voulaient pas des contre-révolutionnaires...
mais ils ne voulaient pas non plus de nous", confessa le bureaucrate Lénine
après avoir, avec Trotsky, massacré les révolutionnaires
de 1921.
"Vive la mort ! A bas l'intelligence ", beugla la soldatesque franquiste en
massacrant les rebelles de 1936 sous l'oeil bienveillant de la sainte alliance
anti-révolutionnaire. (1)
"Pas de fierté pour les ennemis de la liberté" et " Faites l'amour;
pas la guerre" annonèrent de concert les illusionnistes d'extrême-droite
stalino-maoïstes et les revendeurs de stupéfiants d'extrême-gauche
pro-américains dans les années 60/70 pour halluciner les contestataires
et étouffer la révolte.
Maintenant les kapos modernes complotent pour maintenir coûte que coûte
le sinistre prêt-à-porter existentiel cette résignation
bavarde qui oscille entre abrutissement prétentieux et indifférence
compatissante. " L 'homme a besoin du spectacle pour accéder à
la vérité ", prêche Régis Debray (Le Monde, 19 juillet1996).
Les médiologues sont des cons suffisants. Ils ressemblent aux analysés qui méprisent les disgracieux désespoirs de ceux qui n'assument pas la psychiatrisation générale. En commun ils affichent, du haut de leur soumission, leur grossier arrivisme pour provoquer de médiocres débats destinés à faire suinter le néant goutte à goutte. La lamentable plaisanterie sur le titre du bulletin de " l'Association pour le développement de la recherche en médiologie" en est un exemple: AD REM, en verlan MERDA.
(1) Hitler et Staline, le pape et les banquiers suisses ,Mussolini et les démocrates anglais, les socialistes français et le Mikado du Japon, les mercenaires marocains et les marchands américains, sans oublier les "anarchistes d'État