Le Nationalisme corse : l'étrange silence des intellectuels
" Tout nationalisme n'est qu'un fascisme en puissance " Claude Cantini Le libre penseur N°117
Le terme " fascisme " a connu une telle dérive à cause de l'usage délirant que nos intellectuels en ont fait qu'on en a oublié la véritable signification. Plus personne n'ose l'employer pour désigner les véritables fascistes qui tuent, qui empêchent les gens de s'exprimer. Bien sûr il n'y a rien à retirer à dénoncer ce vrai fascisme. Bien au contraire !
Orwell
qui fait cruellement défaut à notre époque avait défini le nationalisme comme
" tout d'abord une tendance à présupposer qu'on peut classer les êtres humains
comme des insectes, et qu'on peut tranquillement étiqueter " bons " ou " mauvais
" des pans entiers de l'humanité. Plus encore il signifie pour moi la tendance
à s'identifier à un pays ou à un groupe particulier qu'on situe au-delà du
bien et du mal, sans se reconnaître d'autre devoir que celui d'en promouvoir
les intérêts. "
Le nationalisme corse représente le pire des nationalismes car c'est un nationalisme fermé qui vise au départ de tous les intrus : continentaux, immigrés, S.D.F. D'après le dernier rapport de la commission nationale des droits de l'homme (CNCDH), 60% des actes racistes recensées en France l'ont été en Corse. Les journalistes aussi sont visés. Tous les mouvements fascistes ont horreur de la liberté de la presse. Si un journaliste ose dénoncer la violence en Corse, il est menacé ; comme cette journaliste, Christine CLERC du Figaro, dont la voiture a été criblée de balles à Tolla, près d'Ajaccio, à cause d'un article jugé irrévérencieux.
Cela a sans doute était un choc dans le milieu journalistique mais toutes les nuits des terroristes frappent en Corse en toute impunité. Tous les gouvernants de droite ou de gauche en voulant négocier avec les nationalistes se sont enfermés dans un piège inextricable. On ne peut dialoguer avec des terroristes. L'interpellation plus ou moins curieuse d'Yvan Collona laisse planer beaucoup de doutes quant aux étranges négociations avec le milieu nationaliste. En 1999 dans l'article Meurtre de François Santoni : et un de plus ! ,j'avais déjà souligné que " sur Europe N°1, le 25 novembre 1999 lorsque Guillaume Durand demande à des représentants de l'Etat français : pourquoi Yvan Colonna n'est pas arrêté alors qu'il se trouve aux alentours de Cargèse ? Aucun intervenant présent à cette émission n'a osé lui répondre. "
Hélas tous les gouvernements de droite et de gauche se sont largement compromis avec les nationalistes Corses ; sans aucun doute les négociations secrètes ont toujours existé et sont le côté sombre de la politique. Mais ces nationalistes s'amusent à défier l'Etat français qui recule toujours davantage. Les gendarmes de Luri considérés comme une force d'occupation par les nationalistes ont dut partir sous la pression des habitants de ce village.
Les Corses sont d'ailleurs loin d'adhérer aux idées et surtout aux méthodes des nationalistes qui prétendent parler au nom de ce peuple corse et ne cherchent qu'à couvrir leurs voix. D'ailleurs à chaque élection, les nationalistes sont minoritaires ; ils n'ont pas réussi à conquérir au scrutin majoritaire un seul siège aux élections législatives ou cantonales ni un seul mandat de maire. La majorité des corses déplorent ces assassinats et sont loin de partager les idées nationalistes, mais l'état en négociant avec les nationalistes légitime leurs actions.
Certes les nationalistes sont divisés entre eux. Certains veulent abandonner la lutte armée, d'autres préfèrent persister dans cette violence comme moteur politique de l'autonomie Tous les nationalistes ne sont pas des terroristes mais ils sont solidaires des assassins du préfet Erignac.
Depuis quelques années, on ne cesse de dénoncer le fascisme rampant (Loft Story, Amélie Poulain, etc.). Mais lorsqu'il est devant nos yeux on feint de l'ignorer. Assassiner les gens qui ne pensent pas comme vous est un moyen bien commode pour s'en débarrasser. Les exécutions tiennent lieu de justice. N'est-ce pas du fascisme?