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La liberté de la presse?
On pourrait faire remarquer que chacun est libre dexprimer son opinion par la voie des journaux. La liberté de la presse est proclamée à grand fracas dans tous les pays démocratiques, comme un des plus beaux fleurons de leur couronne. Cest encore une bonne plaisanterie. Les journaux sont la propriété dune catégorie dindividu qui leur impose une ligne de conduite et ne leur permet pas de sen écarter. Certains sont inféodés à un parti politique et ninsèrent que des articles conformes à la doctrine de ce parti. De plus en France, tous les quotidiens français sont subventionnés avec largent des contribuables, par les gouvernements, qui sen servent pour façonner lopinion publique. La liberté le la presse est un vain mot, qui ne saurait plus tromper personne.
Néanmoins, on en parle cependant comme si elle existait vraiment. Lhomme aime à se faire des illusions, même quand il sait ce que valent ces illusions. La liberté de la presse nexiste pas. Ce qui existe, cest la liberté de fonder des journaux. Distinction dimportance. Il ne reste donc plus au citoyen indépendant, sil veut se faire entendre, quà créer un journal à lui. Mais cette liberté est dérisoire a une époque où la fondation dun journal exige des capitaux considérables, et quand on sait quun journal ne peut vivre quavec laide dune abondante publicité commerciale. Il suffit que cette publicité lui échappe, et cest un jeu denfant, pour que le journal soit frappé de mort peu de temps après sa naissance. Et même si cette revue arrive à exister sans publicité, on la harcèle judiciairement. Lorsque cette revue na plus les moyen de payer, elle disparaît.
Le même raisonnement pourrait
sappliquer pour les livres.
Si un livre ne plaît pas à lopinion, on commence dabord
par organiser la conspiration du silence, qui réussit presque toujours.
(Les livres de Jean-Marie Domenach ont subi ce silence des médias, )
La Presse, alertée, reste muette, et doucement tout tombe dans loubli.
Si ce procédé ne réussit pas, on essaye de trouver un passage
condamnable .Dans la "Lettre ouverte aux gardiens du mensonge" Thierry Pfister
en relate un exemple typique parmi tant d'autres."En 1991, Philippe Bourdrel
publiait le second volume de son Épuration sauvage, une page complètement
occultée de notre histoire contemporaine. Parmi les régions traitées
dans l'ouvrage figure le Limousin, une province où les lendemains de
la Libération furent particulièrement sanglants et houleux puisque
les règlements de comptes s'étendirent jusque dans les rangs communistes
où deux lignes s'opposaient à l'époque.(...) La mémoire
locale de ces événements est encore douloureuse et un silence
pesant est de règle sur le sujet. Philippe Bourdrel évoque dans
son étude un FTP, décédé, responsable, selon lui,
d'au moins vingt-cinq exécutions sommaires. Le fils de ce résistant,
s' émeut et attaque en référé. N'ayant pu, entre
la Roumanie et la Hongrie, déterminer la nationalité d'origine
du FTP, l'auteur avait, maladroitement, parlé d'une "origine étrangère
indéfinissable". Sur ce seul fondement, le juge des référés
requalifie les faits en racisme et décide... la saisie du livre! Abus
évident mais qui soulage tous ceux qui, dans le Limousin, souhaitent
qu'on ne revienne surtout pas sur les crimes de l'E puration. Trois mois plus
tard, la cour d'appel de Limoges annule sèchement cet arrêt. Le
mal est fait. Le résultat commercial est révélateur : le
tome deux de L 'Epuration sauvage fait moitié moins de ventes que le
premier volume. Le mensonge a été préserve."
La Presse peut aussi glisser des insinuations malveillantes sur lauteur
des critiques. On sen prend à sa personnalité. On la diminue.
On la discrédite. Labbé Pierre après son soutien
à son ami Roger Garaudy en a fait les frais. Les opinions dun monsieur
discrédité sont, c'est bien connu, sans valeur. Si cela ne suffit
pas encore, on intimide ces éditeurs pour empêcher toute publication.
Ce fut le cas de Jean-Edern Hallier pour "lhonneur perdu de Mitterrand"
et le journal "l'idiot international". Le reportage consacré à
Mazarine sur M6 lundi 20 mars 2000 est éloquent sur l'acharnement
contre Jean-edern Hallier . Son imprimeur a même été obligé
de détruire les numéros imprimés tant les pressions étaient
importantes.
Ainsi on n'hésite pas à menacer les diffuseurs, les libraires.
Dernier recours ultime et définitif, on interdit au besoin tout
ouvrage ou on retire de la vente le livre de l'auteur gênant, sous
prétexte fallacieux quil écrit dans un esprit subversif,
contraire à la morale ou dangereux pour la sûreté de létat.
Des associations, il en va de même que pour les livres. Chaque fois quun groupe, un mouvement ou un parti contestant lordre établi prend de limportance en révélant les vraies règles du jeu, on le brise, on linterdit. Les anarchistes, lextrême-gauche, lextrême droite, les islamistes en ont fait lexpérience. « Assomme! » dit le pouvoir, et , sans sommation et sans pitié les tribunaux frappent.
Létat est allé même plus loin. Il a inventé un mot passe-partout qui permet toute violation de la liberté de parole : c est celui de terroriste, Dès quun individu manifeste un peu haut son mécontentement, on en fait un terroriste ou un propagateur de terrorisme. Et vis-à-vis dun terroriste, tout est permis, ou plutôt l'État se permet tout.
Mais on a encore fait mieux . Maintenant, on en arrive a détruire des livres. C'est à la fois plus simple et plus radical que d'interdire.Une librairie libertaire La plume noire a été ravagée par un incendie criminel en février 1997. Un stand de livres du FN a été détruit au salon du livre 1997. Une librairie Roumaine a été saccagée en1996. Cet immigré Roumain persécuté sous le régime de Ceaucescu a été contraint à l'exil. Sa librairie était un lieu de rencontre pour la diaspora roumaine, c'était aussi un moyen de résistance au totalitarisme. Il croyait trouver dans la patrie de Voltaire et des droits de l'homme la patrie de la liberté. Mais, il n'y a trouvé que persécution et censure. Dans ces trois cas, les agresseurs ont-ils été condamnés?
Tous ces exemples peuvent paraître anodins...Pourtant, ces signes nous montre bien que cette liberté de presse est de plus en plus menacée en France... Et bientôt l'internet sera soumis à surveillance intégrale, filtrage idéologique et contrôle systématique. Nous nous dirigeons de plus en plus vers une sorte de dictature. D'ailleurs Henry Amouroux (le 10 décembre 1995 sur France-Inter) a ainsi affirmé la dictature, c'est la censure de l'information ; et la démocratie, c'est la liberté totale de l'information. Et il y a encore des idiots pour croire encore à la démocratie!