Je gagne toujours à la fin
L'Indispensable Tristan-Edern Vaquette, le punk rouge, auteur, compositeur, comédien performer, véritable libertaire se révèle être aussi un écrivain de talent avec ce premier roman " Je gagne toujours à la fin ".
Si
dans ces spectacles il avait su dénoncer le conformisme de ceux qui se prétendent
anticonformiste et tous les travers de notre époque, avec ce livre il prend
un plaisir jubilatoire à aller beaucoup plus loin, à traquer la " somme d'individuelles
lâchetés qui fait la société fondamentalement réactionnaire ".
Cela commence dans les années 40 où
Vaquette commet des actes de résistance en compagnie de ces deux camarades,
Artémise et Bixente, à une époque où il était beaucoup plus difficile d'être
antifasciste que de nos jours. Il va devenir très vite un héros de la résistance.
Mais ni les honneurs ni les distinctions ne lui feront changer d'avis ; il
restera toujours fidèle à lui-même, à ses premiers engagements. A la Libération,
cela lui vaudra autant ou plutôt plus d'ennui qu'à l'époque où il combattait
les nazis. Fidèle à son ami le sulfureux pamphlétaire Jasper, il assurera
sa défense dans un procès à la Libération qu'il n'hésite pas à transposer
avec une vibrante et puissante plaidoirie pour la défense de Costes et surtout
de la liberté d'expression.
Cette confrontation avec le temps où se mêlent temps du récit et le cheminement de ces digressions avec de nombreux clins d'œil au lecteur font de roman une forme littéraire particulièrement audacieuse. Mais cette réussite ne serait pas totale s'il n'y avait pas cet humour ravageur et une plume très agréable à lire.
Il y a dans ce roman une peinture féroce, tendre et drôle, et même émouvante de toute une population qu'il transpose sans peine en ce début du troisième millénaire et qui en fait un roman réellement subversif. .
Tristan-Edern Vaquette, Je gagne toujours à la fin, Au Diable Vauvert, 2003, 356 p. - 20,00 Euros
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